Le rapprochement entre Boissons du Cameroun (SABC) et Guinness Cameroun franchit une nouvelle étape. Déposée en juillet 2026, l’opération prévoit la disparition juridique de Guinness Cameroun et le transfert de l’intégralité de son patrimoine à la SABC. Une fusion qui doit permettre au groupe Castel de regrouper ses activités brassicoles camerounaises autour d’une seule entité.
Le processus de fusion entre Boissons du Cameroun et Guinness Cameroun entre dans sa phase décisive. Les deux sociétés ont établi un projet de fusion par voie d’absorption, selon lequel Guinness Cameroun SA (GCSA) sera absorbée par la Société anonyme des boissons du Cameroun (SABC). Le projet a été déposé le 20 juillet 2026 auprès des greffes des tribunaux de première instance de Douala-Ndokoti et de Douala-Bonanjo.
L’opération doit encore être soumise à l’approbation des assemblées générales extraordinaires des deux sociétés. Sous réserve de la réalisation des conditions prévues, la fusion devrait prendre effet le 31 décembre 2026.
Contrairement à une simple acquisition, la transaction envisagée constitue une véritable fusion-absorption. Guinness Cameroun ne sera donc pas maintenue comme société autonome après la réalisation de l’opération.
La société absorbée transmettra à la SABC l’intégralité de son patrimoine, comprenant ses biens, droits, actifs, mais également ses dettes et autres obligations. Guinness Cameroun sera ensuite dissoute sans liquidation, tandis que la SABC deviendra l’entité juridique portant l’ensemble du patrimoine transféré.
L’opération porte sur des montants considérables. Le patrimoine de Guinness Cameroun est évalué à environ 328,6 milliards de FCFA d’actifs et 56,8 milliards de FCFA de passifs, soit un apport net estimé à 271,762 milliards de FCFA.
Pour rémunérer l’apport effectué par Guinness Cameroun, la SABC prévoit d’émettre 1 811 106 actions nouvelles d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune.
Cette opération fera passer le capital social de la SABC d’environ 57,36 milliards à 75,47 milliards de FCFA, soit une augmentation de quelque 18,11 milliards de FCFA. Le solde de la valeur nette apportée, soit environ 253,65 milliards de FCFA, correspondrait à une prime de fusion.
Il ne s’agit donc pas d’une augmentation de capital destinée à apporter de nouvelles liquidités à la SABC : elle constitue le mécanisme comptable et juridique permettant de rémunérer l’apport du patrimoine de Guinness Cameroon.
Selon les données publiées pour 2025, BGI, société du groupe Castel, détenait 84,12 % de la SABC et 100 % de Guinness Cameroun. Les nouvelles actions émises dans le cadre de la fusion devant revenir aux actionnaires de Guinness Cameroun, BGI pourrait ainsi porter sa participation dans la SABC à environ 87,93 %, sous réserve que la structure actionnariale n’ait pas évolué depuis la fin de 2025.
La participation cumulée des autres actionnaires de la SABC passerait ainsi d’environ 15,88 % à 12,07 %. Cette évolution résulte d’un effet de dilution : les autres actionnaires conserveraient leurs titres, mais ceux-ci représenteraient une proportion plus faible du capital après l’émission des nouvelles actions.
Cette fusion constitue l’aboutissement du processus engagé après le rachat de Guinness Cameroun par Castel auprès de Diageo. L’opération initiale, annoncée en 2022, avait été conclue pour 389 millions de livres sterling et prévoyait notamment que Castel assure la production et la distribution de Guinness au Cameroun sous licence.
La fusion envisagée en 2026 marque donc une nouvelle étape : après le changement de contrôle, le groupe s’oriente désormais vers une intégration juridique et patrimoniale des deux activités au sein de la SABC.
Pour le marché camerounais des boissons, l’enjeu dépasse ainsi la seule opération juridique. La disparition de Guinness Cameroun comme société indépendante et son intégration à la SABC vont renforcer la concentration des activités brassicoles du groupe Castel au Cameroun. La principale question sera désormais de mesurer les effets de cette consolidation sur la concurrence et sur l’organisation du marché.
À ce stade, la fusion n’est toutefois pas encore définitive. Son aboutissement reste notamment conditionné à l’approbation des assemblées générales extraordinaires et au respect des procédures prévues par la réglementation applicable.


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