CAMEROUN – SECTEUR BANCAIRE : LE CRÉDIT APPELÉ À CHANGER D’ÉCHELLE D’ICI 2030

Le Cameroun veut accélérer le financement de son économie et donner davantage de profondeur à son système financier. À l’horizon 2030, les autorités entendent s’attaquer aux principaux freins qui limitent encore l’accès au crédit, notamment pour les ménages et les entreprises.

Cette ambition est portée par la Stratégie nationale de développement du secteur financier 2024-2030, qui place plusieurs leviers au centre de la transformation du secteur : développement du crédit hypothécaire, renforcement des mécanismes de garantie, amélioration du financement des petites et moyennes entreprises (PME) et essor du capital-investissement.

L’un des principaux défis consiste à réorienter progressivement les ressources financières vers le financement de l’activité économique. Le système bancaire camerounais doit en effet composer avec une demande importante de financement public, qui mobilise une part croissante des ressources disponibles.

Cette situation alimente les interrogations sur la capacité des banques à accroître suffisamment leurs concours au secteur privé. Or, l’accès au financement demeure déterminant pour les entreprises qui souhaitent investir, renforcer leurs capacités de production, créer des emplois ou conquérir de nouveaux marchés.

La stratégie 2024-2030 entend donc favoriser un environnement dans lequel les banques et les autres acteurs financiers pourront davantage accompagner les projets privés, tout en limitant les risques qui rendent certains dossiers difficiles à financer.

Le développement du crédit hypothécaire constitue l’un des axes majeurs de cette réforme. L’objectif est de faciliter l’accès au financement immobilier et de permettre à davantage de ménages de recourir au crédit pour acquérir ou construire leur logement.

Le chantier dépasse toutefois la seule question de l’offre bancaire. Il implique également de renforcer les mécanismes permettant de sécuriser les opérations de crédit et de réduire les risques associés au financement immobilier.

Autre priorité : améliorer l’accès des PME aux ressources financières. Ces entreprises constituent une composante essentielle du tissu économique, mais restent souvent confrontées à des conditions d’accès au crédit plus contraignantes que les grandes entreprises.

Les mécanismes de garantie doivent ainsi jouer un rôle accru en permettant de partager une partie du risque entre les différents acteurs du financement. Une meilleure couverture du risque pourrait faciliter l’octroi de crédits à des entreprises présentant des perspectives économiques solides, mais disposant de garanties insuffisantes.

La transformation recherchée ne repose pas uniquement sur les banques. Le Cameroun mise également sur le développement du capital-investissement, afin d’élargir les possibilités de financement offertes aux entreprises.

Cette diversification est particulièrement importante pour les entreprises qui ne peuvent ou ne souhaitent pas dépendre exclusivement du crédit bancaire. Elle pourrait également contribuer à renforcer les fonds propres des PME et à soutenir leur croissance sur le long terme.

D’ici 2030, l’enjeu sera donc de faire évoluer en profondeur le système financier camerounais. Il ne s’agit plus seulement d’augmenter les volumes de crédit, mais aussi de diversifier les instruments de financement, de mieux répartir les risques et d’améliorer l’accès des entreprises et des ménages aux ressources financières.

La réussite de cette ambition dépendra toutefois de la capacité des réformes à créer les conditions d’un financement privé plus dynamique, alors que les besoins de financement public restent importants.

À l’horizon 2030, le défi sera ainsi de trouver un meilleur équilibre entre financement de l’État et financement de l’économie productive, afin que les ressources du système financier contribuent davantage à l’investissement, à la croissance des entreprises et à la création d’emplois.

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