Après des décennies de forte dépendance aux hydrocarbures, la Guinée équatoriale veut accélérer la diversification de son économie. À travers la réforme de son code minier, Malabo cherche à attirer de nouveaux investisseurs tout en renforçant la transformation locale des ressources issues de son sous-sol.
La Guinée équatoriale veut ouvrir un nouveau chapitre de son développement économique. Longtemps portée par les revenus du pétrole et du gaz, l’économie du pays cherche désormais de nouveaux relais de croissance. Le secteur minier apparaît comme l’un des axes privilégiés de cette stratégie de diversification.
La réforme du code minier, approuvée à l’unanimité par la Chambre des députés, marque une étape importante dans cette orientation. Le nouveau cadre entend rendre le secteur plus attractif pour les investisseurs, tout en donnant davantage de visibilité aux opérateurs intéressés par l’exploration et l’exploitation des ressources du sous-sol.
Le dispositif révisé repose notamment sur plusieurs leviers : des incitations fiscales, des procédures administratives accélérées et de nouvelles règles concernant l’attribution des permis miniers.
Pour les autorités équato-guinéennes, l’objectif est de créer un environnement plus propice à l’arrivée de capitaux et de compétences dans un secteur encore largement sous-exploité.
L’accélération des procédures doit notamment permettre de réduire les délais liés aux projets d’exploration et d’exploitation. De leur côté, les mesures fiscales visent à améliorer l’attractivité du pays face à la concurrence des autres juridictions minières du continent.
Mais la stratégie de Malabo ne se limite pas à attirer des compagnies minières. Derrière la réforme se trouve une ambition plus large : augmenter la part de valeur créée et conservée dans le pays.
L’enjeu consiste ainsi à éviter que les ressources extraites du territoire soient essentiellement exportées sous forme brute. Le développement d’activités liées à la transformation, aux services miniers et à la fourniture locale pourrait permettre d’élargir les retombées économiques du secteur.
Cette approche pourrait également favoriser la création d’emplois, le développement de compétences nationales et l’émergence d’entreprises locales autour de la chaîne de valeur minière.
Pour Malabo, le développement des mines répond à une problématique stratégique : réduire progressivement la vulnérabilité de l’économie face aux fluctuations des hydrocarbures.
La diversification du sous-sol pourrait ainsi compléter les revenus issus du pétrole et du gaz et offrir de nouvelles perspectives au secteur privé. Encore faudra-t-il transformer le potentiel géologique en projets effectivement financés et exploités, tout en garantissant un cadre suffisamment clair et stable pour les investisseurs.
La réforme du code minier constitue donc davantage qu’un simple ajustement réglementaire. Elle traduit la volonté de la Guinée équatoriale de repenser la place de ses ressources naturelles dans son modèle économique, en passant d’une logique principalement fondée sur l’extraction à une stratégie visant également la création de valeur sur le territoire.
Pour Malabo, le défi est désormais double : attirer les investissements nécessaires à l’exploration du sous-sol et faire en sorte que l’exploitation des ressources profite davantage à l’économie nationale.
Hervé Perkin’s


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